Fon – Niveau B1

Leçon: Les chants traditionnels

 

Leçon: Les chants traditionnels

 

La république du Benin est privilégiée par sa diversité géographique, humaine et culturelle ; ce pays est capable de présenter les caractéristiques originales de nombreuses cultures musicales africains. La musique traditionnelle béninoise est le véhicule de nos rythmes et traditions ancestraux. Le Bénin est un pays historiquement vodoun, du nord au sud. Chaque région a donc ses rythmes et danses ancestraux.

Pour ce cours, nous nous nous intéressons aux Fon du département du Zou(Sud du Bénin).

En effet, du nord au sud en passant par le centre Bénin, plusieurs genres musicaux identifient chaque ethnie présente dans chaque région. Ainsi au sud Bénin dominé par les Fon, nous avons le Zinli, Akohoun, Tchinkoumè, Toba, Agbocebou, Kpanouhoun pour ne citer que ceux là.

Le Zinli est un style musical originaire d’Abomey du temps du Roi Béhanzin. Son plus grand précurseur a été le légendaire Yédénou Adjaoui qui a émergé dans les années 1960 comme d’autres musiciens traditionnels juste après les indépendances. Avec sa voix particulière et captivante, il a eu le mérite d’insérer à ce style musical la narration. Le Zinli qui, autrefois ne se jouait que lorsqu'il y a une cérémonie d'inhumation est devenu un rythme moderne qui se joue lors de la célébration de tout événement. Plusieurs instruments entrent dans cette composition musicale agréable à entendre à savoir: le Houngan, le KPézin, le Gankouékoué, le gankéli (ajouté par le roi ALLEKPEHANHOU pour donner un autre son au rythme), le Assan et beaucoup d'autres instruments. Ce rythme fait jusqu'à présent la fierté de la cité d'Abomey.

Le Tchinkounmè se joue à base de percussions aquatiques et de gota (grosse gourde en calebasse) raclés et frappés à l'aide d'un gros chiffon ou sandale en plastique en forme d’éventail. Genre musical traditionnel, le tchinkounmè s'est modernisé dans les années 60-70 par Anatole Houndéfo alias Alokpon originaire de Savalou. Il s'exécute le plus souvent lors des cérémonies de réjouissances populaires comme les inhumations, les mariages, et aussi les baptêmes traditionnels.

Le Akonhoun est un rythme et une danse traditionnelle festive. Comme son nom l'indique en langue Fon (Akon= torse et Houn=rythme), est une danse qui se pratique généralement par les hommes. Le Akonhoun est très joué à Abomey lors des mariages, baptêmes traditionnels aussi pour des cérémonie inhumations. Cette danse vodou est devenue une danse archive par excellence qui permet d’archiver toute la panoplie de panégyriques claniques ou panégyriques royales que l’on retrouve dans le royaume du Dahomey. Il est utilisé pour faire l'éloge du roi, du royaume et même des expéditions guerrières du roi voire l’éloge même de la vie quotidienne du roi.

Agbocebou est un rythme sacré. Il est lié à la divinité Sakpata qui régit la terre. Redoutable, le Sakpata était très craint et extrêmement virulent au point où personne n'osait prononcer leur nom en dehors des couvents. Le Agbocebou bien qu'ayant gagné le cercle populaire conserve encore son authenticité, son originalité et ses caractères sacrés.

 

Ces différents rythmes sont joués par artistes, musiciens qui ont l’habitude de parcourir le pays de village en village, suite aux différentes invitations des cérémonies telles que baptêmes,mariages, rites religieux, initiatiques, et plus rarement, des manifestations liées à la vie politique locale.

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